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Maltraitance sur les enfants : une unité d’accueil vient d’être inaugurée, pour « recueillir la parole dans un environnement agréable »

Le centre hospitalier de Sens se dote d'un accueil spécialisé pour enfants mineurs victimes de maltraitance • © Alexandre Le Naour - France Télévisions

L’hôpital de Sens se dote d’une Unité d’accueil pédiatrique pour enfants en danger. Ces UAPED répondent à deux besoins : des soins d’urgence et une prise en charge juridique pour les enfants mineurs victimes de maltraitance. L’unité est en service depuis lundi 10 mars.

Soutenues par l’association « la voix de l’enfance », les unités d’accueil pédiatriques pour enfants en danger (UAPED) sont créées sur le territoire français pour venir en aide aux enfants mineurs victimes de maltraitance.

                                  Le salon d’entretien est décoré pour favoriser la parole • © Alexandre Le Naour – France Télévisions

Une volonté ancienne de créer une structure d’accueil spécifique

Véronique Robin, directrice du centre hospitalier de Sens, résume le but de ces unités spécialisées : « Dans un seul lieu, cela permet de recueillir la parole de l’enfant victime, dans un environnement agréable. On réunit dans ce lieu des soignants, des forces de l’ordre et des forces de la justice, ce qui permet à un enfant de n’être entendu qu’une seule fois. Tout est enregistré, filmé, ce qui permet aux enquêteurs d’analyser, et nous, en tant qu’hôpital en ce même endroit, de réaliser des examens qui permettent d’attester des violences et de nourrir l’enquête. »

La directrice explique que la volonté de monter ce genre de structures existe depuis 2011, à l’époque des unités médico-judiciaires pour adultes. Le problème pour installer ce genre de structures pour les enfants était « le financement. Toute une politique interministérielle de protection de l’enfance s’est mise en place, qui vise à rassembler la justice, le ministère de la Santé pour financer ces unités ». 

Les entretiens seront filmés et enregistrements • © Alexandre Le Naour – France Télévisions

Favoriser le recueil de la parole de l’enfant

Gaëlle Djidjelli, cadre de santé, dévoile les espaces prévus pour l’accueil des enfants : un salon d’accueil, un salon d’examen, pour rencontrer les équipes médicales en charge de l’accueil des enfants (docteur, infirmière et puéricultrice). Le salon d’audition est décoré de façon accueillante pour les enfants. Un enquêteur est présent pour questionner l’enfant, et derrière un miroir sans tain, dans une cabine attenante, se tiennent les autres auxiliaires de police ou de gendarmerie, ainsi que l’assistante sociale ou la psychologue. La cadre de santé explique que « l’enfant est prévenu que derrière la vitre, des professionnels sont présents pour l’écouter. »

Les personnes se trouvant dans la cabine peuvent interagir avec l’enquêteur posant les questions à l’enfant. Une caméra filme l’entretien.

Une prise en charge « plus satisfaisante »

Muriel Prudent, médecin à l’UAPED de Sens explique en quoi ce nouveau service permet une meilleure prise en charge des enfants : « Le seul lieu qu’on avait pour accueillir les enfants victimes de maltraitance, ce sont les urgences pédiatriques. Ce n’est pas le lieu adapté, on ne peut pas faire une prise en charge optimale, parce que l’équipe est réduite, aussi bien médicale que para-médicale, tout le monde manque de temps. Il faut aussi gérer les autres patients qui viennent aux urgences, le lieu peut être anxiogène pour les plus petits. On ne peut pas faire une prise en charge satisfaisante, pour les accompagnants et pour les équipes médicales et para-médicales. »

Elle ajoute qu’au niveau des personnels, « l’accueil dans l’UAPED va se faire par une équipe qui est formée, dédiée, dans ce lieu unique, rassurant, où les missions vont être d’accueillir, rassurer, accompagner, prendre en charge et prendre les décisions adaptées, éventuellement décider d’une hospitalisation de l’enfant, si on considère qu’il est franchement en danger. »

L’unité joue également un rôle de diagnostic : « Dans ce lieu, ce n’est pas que les auditions, c’est vraiment la prise en charge de toutes les suspicions de maltraitance de l’enfant. »

C’est aussi grâce au concours d’une infirmière-puéricultrice que l’accueil et l’accompagnement de l’enfant s’effectuent au sein de cette unité : Virginie Jurgens, infirmière-puéricultrice, explique qu’elle est « le fil rouge pour l’enfant : je vais aller le chercher dès l’admission, l’accompagner au sein du service, lui expliquer le fonctionnement de l’audition, les intervenants qu’il risque de voir et le rassurer de par ma présence, en lui expliquant que je peux intervenir à tout moment, même au moment de l’audition. »

Se trouvant derrière la vitre sans tain pendant une audition, le rôle de l’infirmière-puéricultrice sera celui d’observer l’enfant, « son comportement et identifier des choses qui ne vont pas par rapport à son âge, à des attitudes, s’il y a des éléments qui peuvent me faire dire qu’il est mal à l’aise, ou pas adapté à son âge. »

Source : france3-regions.francetvinfo.fr

Article publié le 9 avril 2025.

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